mercredi 1 mai 2013

2012-04-03 La ligue fermée une voie d'avenir ?

Alors que la ligue nationale de basket annonce un projet de réforme (qui reste à entériner par l'assemblée nationale) de l'accès à sa pro A avec des invitations pour les clubs de pro B sur les bases d'un cahier des charges basé sur d'autres critères sur le seul résultat sportif : capacité d'accueil de la salle, montant du budget, gouvernance, structure administrative, existence d'un centre de formation agréé, déjà des voies s'élèvent pour critiquer cette évolution. Jacques Thouroude président de l'ANDES déclare à ce sujet dans Localtis « être surpris de cette annonce jamais abordée en réunion » et de mettre en garde les ligues dans l'application de critères qui s'imposerait aux propriétaires des enceintes (aréna ou stade) c'est à dire en grande majorité les collectivités locales.
Et si Monsieur Thouroude se trompait  ?
Nous considérons pour notre part au contraire que les collectivités qui ont investi dans des équipements sportifs tels que des Arenas et des stades devraient exiger des ligues et des pouvoirs publics de disposer d'un club évoluant au plus haut niveau pendant le temps du remboursement de l'emprunt.
Comment expliquer aux contribuables qu'ils ont investis 80 - 100 voire 200 millions d'euros ou plus dans un stade et qu'ils n'ont pas la garantie d'avoir un club auplus haut niveau. Prenez l'exemple de Grenoble. Un stade neuf magnifique et un club en CFA. Imaginez une seconde que les stades réalisés pour l'euro 2016 accueillent uniquement les matchs de l'Euro 2016 .... sans club résident. Une Arena de 10000 places labellisée par l'Etat sans club résident. C'est inimaginable. Alors oui à la ligue fermée ou plutôt semi fermée qui permettrait à un club même dernier du championnat de se maintenir au moins un ou deux ans. Pourquoi pas un système de relégation reposant sur les résultats des 3 dernières saisons par exemple.
L'autre modèle est que les clubs soient propriétaires de leurs équipements. Et pour ça la ligue semi fermée est un premier pas qui a l'immense avantage de rassurer les prêteurs. Comment aujourd'hui imaginer qu'une banque puisse prêter à un club pour construire un équipement sportif sans aucune garantie que ce club reste au plus haut niveau sportif pour pouvoir rembourser l'emprunt ? Nous avons démontré que les clubs (au moins de football) avaient la capacité à financer les stades sous réserve que les recettes stades soient affectées aux stades et non aux salaires (lire nos précédents éditos : Loi Euro 2016 : "une occasion à ne pas manquer" ! 15/03/2011 ; Un projet de loi Euro 2016 ou un projet de loi grandes enceintes sportives ? par Patrick Bayeux et Eric De Fenoyl 21/12/2010 . De ce point de vue le Fair Play financier mis en place par le président de l'UEFA va dans le bon sens.
Depuis plusieurs années nous préconisons une inversion du modèle qui consiste à laisser l'initiative aux clubs et aux opérateurs privés d'un coté et de l'autre à permettre aux collectivités de soutenir cet investissement en achetant des places, des loges, des espaces publicitaires, en louant l'équipement pour des missions de service public. (Notons que ce modèle peut fonctionner y compris pour des équipements de base comme les piscines). Souhaitons que le projet de la ligue de basket soit un premier pas vers ce modèle.
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